
300 miles du Vigeant 2002, La Scuderia B&B est enfin à l'arrivée ! (par Bruno VANRYB)

L'important, quand on décide d'aborder une épreuve d'endurance, même une épreuve d'amateurs comme les 300 miles, c'est l'homogénéité de l'équipe. Sur ce chapitre, la Scuderia a fait très fort : plus de 18 secondes d'écart aux essais entre le plus rapide, Jean-michel Bouyer, qui fait péter un 2'02 sur notre 600SS, et le pilote le plus lent à l'ouest du Val de Vienne, Bruno Vanryb, par ailleurs rédacteur de ce compte-rendu et littéralement tétanisé à l'idée de faire chuter la moto aux essais. Il faut dire qu'à la dernière participation de la Scuderia, aux 4 heures de Nogaro 2001, le gars s'était vautré après 1 tour ½ faisant s'envoler d'un coup la moto et tous les espoirs que ses camarades avaient placés en lui !

L'important, c'est aussi le travail de préparation psychologique de nos pilotes, gladiateurs des temps modernes, afin de les amener au niveau de concentration et de recueillement qui sied à ce sport exigeant. C'est Blaise Rabaud, notre team manager et par ailleurs 3eme pilote, qui s'est chargé de ce dur labeur : par exemple, répéter tous les jours pendant 4 mois à Jean-Mi que s'il descend sous les 2'05 aux essais, nous serons probablement tricards pour la course. Également faire comprendre à Bruno, délicatement, par petites touches, que si il se bourre encore cette année (le bougre est coutumier du fait) le team envisage sérieusement de le faire passer cuistot sur les prochaines courses

Si on ajoute les conseils de notre père spirituel, Dominique Le Cam, la lecture régulière des pages consacrées à la vitesse dans Moto-Journal, un entraînement intensif depuis le début de la saison avec au minimum 1/2 heure de roulage par semestre, et un nombre incalculable de dîners pour décortiquer nos performances respectives (et les crevettes), nous étions au top!
Pour les essais chrono, notre stratégie était parfaite : avec Jean-Mi comme pilote vert, prévu à 8 heures du matin sur un circuit humidifié par la rosée, plus un chrono embarqué sur la moto, nous mettions toutes les chances de notre côté pour rester sur la barre des 2'05. C'était compter sans la mauvaise foi abyssale de notre coéquipier, qui fit claquer un 2'02 en prétextant une panne de chrono, et le danger à rouler trop lentement quand on n'est pas dans son rythme! Malgré les 2'10 de Blaise et les 2'20 de Bruno, le mal était fait : 6eme sur la grille de départ (ça c'est bien) et relégation en liste d'attente sur Nogaro pour Jean-Mi (ça c'est moins bien*).
Pour la course, l'objectif de la Scuderia était beaucoup plus ambitieux : être à l'arrivée. C'était loin d'être gagné au vu des performances passées de nos compères, passés maîtres dans l'art difficile de la destruction simultanée de la moto et parfois de son pilote. Pour y arriver, une seule solution, l'analyse du palmarès de chacun : en limitant les relais de Bruno à 30 minutes, nous faisions du même coup chuter statistiquement notre risque de mise au tas. C'est donc par des relais de 45', 30' et 45' que nous avons découpé les 4h de course.
L'autre obstacle à franchir, c'était la participation de Jean-Mi à la course Afamac Vintage de 12h. Fort heureusement, son mono Ducat' a cassé (ce qui lui a évité de se bourrer juste avant la course des 300 miles) après une lutte en tête mémorable avec William Gougy, lutte dans laquelle il avait momentanément pris l'avantage.
C'est Blaisou qui s'y colle pour le départ, un moment toujours impressionnant avec les 56 motos alignées en épi. Malheureusement, malgré une bonne 6ème position sur la grille de départ, l'action combinée d'un passage inopiné de l'interrupteur Run sur off, et d'une incapacité à s'en apercevoir immédiatement nous fit perdre de précieuses secondes, et partir en 20ème place au milieu d'une meute de 900 sur vitaminées Heureusement, notre vaillante 600 menée de main de maître par un Blaisou impérial tiendra une bonne 23ème place pendant tout le relais avec un temps moyen autour de 2'06, bien plus rapide qu'aux essais et plutôt bien placé par rapport à la moyenne du plateau.
Un passage de Pace Car nous donne l'occasion de passer le relais. C'est Bruno qui s'y colle avec une double pression sur les épaules : ne pas mettre la moto au tas tout en améliorant ses temps de poireau afin de ne pas mettre l'équipe dans les choux ! Après 1 tour à 2'24 suivi de 2 tours à 2'18, la vision au travers des nuages de Saint le Cam, protecteur des Ducatistis, donne à notre vaillant et robuste motard (84 kilos tout de même) l'énergie nécessaire pour descendre en 2'13 et éviter ainsi la perte de trop nombreuses places au classement
C'est au tour de jean-Mi de s'y coller. Premier tour à 2'11, deuxième tour à 2'01, puis plusieurs passages en 1'59 (meilleur temps en 1'58''784 !) nous font douter : Jean-Mi aurait-il eu le temps de changer le moteur de la 600 pendant le ravitaillement essence ? Quelqu'un aurait-il remplacé le super sans plomb par de la nitro ? Bref, ça avionne et les quelques places perdues par Bruno sont rapidement rattrapées par un Jean-Mi décidément surchauffé par son baston Afamac interrompu de la matinée
Les autres relais seront à l'image des ces 3 premiers, avec un Blaisou en 2'05 régul, un Jean-Mi en 2'00 régul et un Bruno en 2'13 régul. Au final, la Scuderia est pour la première fois à l'arrivée d'une endurance avec une honorable 16ème place au scratch et une 4ème place en catégorie 750.

Une seule déception: nos sympathiques mécanos Arnaud et Christophe qui n'ont pas eu grand chose à faire ce Week-end avec la 600 qui tournait comme une horloge et l'absence de chute
On a aimé et on reviendra ! Longue vie au DCF
Bruno Vanryb
* Fred, c'est juré, on a compris la leçon !
